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Les matériaux et outils indispensables avant de commencer
Avant de poser le premier parpaing, il faut rassembler l’ensemble du matériel nécessaire. Un chantier bien préparé garantit un travail fluide et évite les allers-retours inutiles.
Voici la liste des matériaux indispensables :
- Des parpaings creux standard (20 x 20 x 50 cm pour la plupart des projets)
- Du ciment Portland ou un sac de mortier prêt à l’emploi
- Du sable de maçonnerie
- Des fers à béton pour le ferraillage
- Un béton de fondation (dosé à 350 kg/m³ minimum)
Côté outillage, il faut prévoir :
- Une truelle de maçon
- Un niveau à bulle (1 m minimum)
- Un cordeau de maçon et des piquets
- Une bétonnière ou un grand bac de gâchage
- Un marteau de maçon et un ciseau à pierre
- Une règle de maçonnerie
Pour un muret décoratif ou de clôture de moins d’un mètre de hauteur, un mortier prêt à l’emploi simplifie grandement la mise en œuvre. Au-delà de cette hauteur, le dosage manuel du mortier avec du ciment et du sable (proportion 1 volume de ciment pour 4 volumes de sable) offre une meilleure résistance mécanique.
Une fois que l’équipement de protection individuelle est en place (gants, lunettes, genouillères), le chantier peut démarrer.
Étape 1 : réaliser les fondations du muret en parpaing
Les fondations constituent la base de tout l’ouvrage. Un muret sans fondations solides se fissure, se penche ou s’effondre rapidement. Cette étape conditionne directement la longévité de la construction.
Tracer l’emplacement du muret
Le tracé se réalise à l’aide de piquets plantés aux extrémités et d’un cordeau tendu entre eux. Ce cordeau définit l’axe exact du muret. Il faut mesurer et vérifier les diagonales pour s’assurer que l’angle est bien droit si le muret s’intègre dans un angle.
Creuser la tranchée
La profondeur de la tranchée dépend de la nature du sol et de la hauteur du muret. En règle générale :
- Pour un muret jusqu’à 80 cm : une tranchée de 30 à 40 cm de profondeur suffit
- Pour un muret entre 80 cm et 1,50 m : prévoir 50 à 60 cm de profondeur
- La largeur de la tranchée doit dépasser la largeur du parpaing d’au moins 10 cm de chaque côté
Couler le béton de fondation
Le fond de la tranchée doit être tassé et nivelé. On coule ensuite une semelle de béton dosé à 350 kg/m³ sur une épaisseur de 15 à 20 cm minimum. Si le muret doit supporter une charge ou dépasse un mètre, on insère des fers à béton verticaux dans la semelle fraîche. Ces fers servent à ancrer les parpaings et à rigidifier l’ensemble.
Le béton doit sécher au minimum 48 heures avant de commencer la pose des parpaings. En période froide, ce délai s’allonge à 72 heures.
Étape 2 : poser les parpaings rang par rang
La pose des parpaings exige de la rigueur et de la patience. Chaque rang doit rester parfaitement horizontal et aligné pour que le muret reste droit sur toute sa hauteur.
Préparer le mortier de pose
Le mortier de pose se compose d’un volume de ciment pour quatre volumes de sable et d’eau. La consistance idéale ressemble à celle d’une pâte épaisse qui ne coule pas mais qui adhère bien à la truelle. Un mortier trop liquide affaiblit les joints et provoque un tassement des parpaings.
Poser le premier rang
Le premier rang est le plus important. Il définit l’alignement de tout le muret. On étale une couche de mortier d’environ 2 cm sur la fondation, puis on pose le premier parpaing en angle. On vérifie immédiatement avec le niveau à bulle dans les deux sens (horizontal et vertical). On pose ensuite les parpaings des deux extrémités, on tend le cordeau entre eux et on complète le rang en suivant le fil.
Les joints verticaux entre parpaings doivent mesurer environ 1 cm et rester décalés d’un rang à l’autre (appareillage en quinconce). Ce décalage renforce considérablement la résistance du muret.
Monter les rangs suivants
Chaque nouveau rang suit le même principe : mortier, pose, vérification au niveau. On décale les joints de chaque rang de la moitié d’un parpaing par rapport au rang précédent. On nettoie les bavures de mortier au fur et à mesure avant qu’elles ne durcissent.
Pour les murets qui dépassent 80 cm de hauteur, on remplit les alvéoles des parpaings avec du béton et des fers d’armature verticaux tous les 50 cm environ. Cette technique, appelée chaînage vertical, augmente significativement la résistance à la poussée latérale.
Étape 3 : finir et protéger le muret
Un muret en parpaing brut absorbe l’eau et se dégrade rapidement sans traitement de surface. La finition protège l’ouvrage et améliore son esthétique.
Réaliser le chaperon
Le chaperon désigne la coiffe qui couvre la partie supérieure du muret. Il empêche l’eau de pluie de pénétrer dans les alvéoles des parpaings et provoque une usure prématurée du mortier. Plusieurs solutions existent :
- Des chaperons en béton préfabriqués (solution économique et rapide)
- Un chaperon coulé en béton armé avec une légère pente pour l’écoulement de l’eau
- Des dalles en pierre ou en ardoise pour un rendu plus esthétique
Enduire ou peindre le muret
Un enduit à la chaux ou un enduit ciment recouvre la surface du parpaing et imperméabilise le muret. On l’applique à la taloche en deux couches : une couche d’accroche (gobetis) et une couche de finition. Après séchage complet, une peinture façade hydrofuge apporte une protection supplémentaire.
Envisager une protection en hauteur
Si le muret délimite une terrasse ou un espace surélevé, la réglementation impose souvent l’installation d’une protection anti-chute. Une solution très appréciée consiste à rehausser un muret avec une protection inox, qui allie robustesse, légèreté visuelle et facilité d’entretien. Ce type de garde-corps s’intègre discrètement sur n’importe quel muret existant.
Les erreurs fréquentes à éviter lors de la construction
Plusieurs erreurs reviennent régulièrement sur ce type de chantier :
- Négliger les fondations : c’est la cause numéro un d’un muret qui se fissure ou se penche
- Utiliser un mortier trop liquide : il perd en résistance et provoque un affaissement des parpaings
- Oublier les joints de dilatation : pour un muret long de plus de 6 mètres, prévoir un joint de dilatation tous les 5 à 6 mètres évite les fissures liées aux variations thermiques
- Ne pas respecter le temps de séchage : chaque étape nécessite un délai de prise avant de continuer
- Ignorer les règles d’urbanisme : un muret de plus de 2 mètres nécessite généralement un permis de construire. Il faut se renseigner auprès de la mairie avant de démarrer les travaux
En respectant ces étapes et en prenant le temps de bien préparer chaque phase, construire un muret en parpaing soi-même devient un projet tout à fait réalisable, même pour un bricoleur débutant.






