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21 août 2025La taxe foncière en location saisonnière reste un sujet source de confusion pour de nombreux propriétaires. Alors que l’activité de location courte durée connaît un essor considérable en France, notamment grâce aux plateformes numériques, les obligations fiscales associées nécessitent une clarification urgente. Contrairement aux idées reçues, cet impôt local ne peut être transféré aux locataires, même dans le cadre d’un séjour temporaire. Les propriétaires doivent donc intégrer ce coût dans leur calcul de rentabilité, d’autant que les règles varient selon le statut juridique du bien et le régime fiscal choisi.
Une mauvaise compréhension de ces mécanismes expose à des risques de redressement fiscal ou à des erreurs de déclaration, au même titre que la taxation des plus-values des immobiliers en succession, qui constitue un autre volet sensible de la fiscalité patrimoniale. Une mauvaise compréhension de ces mécanismes expose à des risques de redressement fiscal ou à des erreurs de déclaration.
Cette problématique prend une dimension particulière en 2025, alors que les collectivités locales ajustent régulièrement leurs taux d’imposition et que le gouvernement étudie des réformes pour encadrer davantage les locations saisonnières. Les propriétaires doivent ainsi actualiser leurs connaissances pour éviter les pièges. Cet article fait le point sur les obligations fiscales clés, en s’appuyant sur des sources officielles et des experts du secteur.
La taxe foncière sur les propriétés bâties (TFPB) est un impôt local annuel dû par tout propriétaire de biens immobiliers, qu’ils soient occupés ou vacants. Son montant dépend de la valeur locative cadastrale du bien et des taux votés par les collectivités territoriales (commune, département, région). Contrairement à la taxe d’habitation, supprimée pour les résidences principales depuis 2023, cet impôt reste d’application pour les résidences secondaires et les biens loués, y compris en location saisonnière.
Les propriétaires ne peuvent en aucun cas transférer ce coût à leurs locataires, une pratique strictement interdite par la réglementation. Cette règle s’applique même lorsque le bien est loué toute l’année via des baux courts. Seule la taxe d’enlèvement des ordures ménagères (TEOM), mentionnée sur le même avis d’imposition, peut être récupérée auprès des vacanciers.

Définition et champ d’application
La taxe foncière est calculée en appliquant le taux communal (et parfois départemental/régional) sur 50 % de la valeur locative cadastrale du bien. Cette dernière est réévaluée périodiquement par l’administration fiscale et tient compte de critères comme la localisation, la surface ou l’âge du logement. Pour les locations saisonnières, le propriétaire reste redevable de cet impôt même si le bien est inoccupé une partie de l’année, y compris lorsqu’il choisit de louer une chambre chez soi occasionnellement via une plateforme ou de manière informelle.
Un point souvent méconnu : les propriétaires de résidences secondaires ou de biens dédiés au tourisme doivent payer la taxe foncière en plus de la taxe de séjour, cette dernière étant due par le locataire. La confusion entre ces deux prélèvements conduit parfois à des erreurs de facturation.
Qui est redevable en location saisonnière ?
En location saisonnière, le propriétaire supporte intégralement la taxe foncière, sans possibilité de la répercuter sur le locataire. Cette obligation s’impose quelle que soit la durée de la location ou le statut juridique du bailleur (particulier, LMNP, SCI). Le 1er janvier de chaque année sert de date de référence : si vous êtes propriétaire au 1er janvier, vous êtes redevable de la taxe pour l’ensemble de l’année, même si le bien est vendu ou loué ultérieurement.
Les plateformes de location courte durée comme Airbnb ne modifient pas cette règle. Certains propriétaires tentent d’intégrer la taxe foncière dans le prix de la nuitée, mais cela relève d’une stratégie commerciale et non d’une obligation légale. L’administration fiscale reste vigilante sur ces pratiques, surtout lorsque les montants sont présentés comme des « frais supplémentaires ».
Fiscalité spécifique de la location saisonnière
La location saisonnière est juridiquement assimilée à une location meublée non professionnelle (LMNP) ou professionnelle (LMP), selon le volume de revenus générés. Ce cadre détermine en grande partie la fiscalité applicable, notamment pour l’imposition des loyers, tandis que la taxe foncière demeure toujours exigible séparément, sans lien direct avec le régime choisi pour les revenus locatifs.
Les propriétaires doivent donc gérer deux volets fiscaux distincts :
- L’imposition des recettes locatives (via le régime micro-BIC ou réel).
- Le paiement des impôts locaux (taxe foncière, TEOM).
Cette dualité explique pourquoi certaines stratégies d’optimisation échouent : réduire ses impôts sur les revenus locatifs ne supprime pas l’obligation de payer la taxe foncière.
Régime LMNP vs LMP : quelles différences ?
Le choix entre LMNP et LMP dépend du seuil de 23 000 € de recettes annuelles :
- LMNP : Si vos revenus locatifs restent inférieurs à 23 000 €, vous bénéficiez d’un régime simplifié avec un abattement de 50 % sur les loyers imposables (micro-BIC).
- LMP : Au-delà de ce seuil, ou si vous en faites la demande, vous passez en régime réel, permettant de déduire toutes les charges (entretien, assurances, intérêts d’emprunt).
La taxe foncière peut être déduite dans le cadre du régime réel, mais pas en micro-BIC. Cela représente un avantage majeur pour les propriétaires de plusieurs biens ou situés dans des zones à forte fiscalité locale. En revanche, sous le régime micro-BIC, cet impôt reste un coût net, impactant directement la rentabilité.
Avantages et contraintes des régimes micro-BIC et réel
Le régime micro-BIC séduit par sa simplicité : pas de comptabilité lourde, déclaration annuelle allégée. En revanche, l’impossibilité de déduire la taxe foncière peut s’avérer coûteuse dans les grandes villes où cet impôt atteint plusieurs milliers d’euros. Par exemple, à Paris, un studio de 30 m² peut générer une taxe foncière de 800 € à 1 200 € annuels, soit une charge non récupérable sous micro-BIC.
À l’inverse, le régime réel permet de déduire la totalité des frais, y compris la taxe foncière. Mais il exige une comptabilité rigoureuse et l’accompagnement d’un expert-comptable, dont les honoraires (environ 500 à 1 500 €/an) peuvent réduire l’intérêt de cette option pour les petits portefeuilles.
SCI et location saisonnière : attention aux pièges fiscaux
De plus en plus de propriétaires utilisent une société civile immobilière (SCI) pour gérer leurs locations saisonnières. Or, ce choix comporte des risques fiscaux méconnus, notamment en ce qui concerne la taxe foncière et l’imposition globale de la structure.
Certaines situations atypiques, comme la déclaration fiscale pour une piscine démontable installée sur un bien mis en location, illustrent bien la complexité de ces règles et l’attention particulière que doivent porter les bailleurs à leurs obligations.
Une SCI est normalement soumise à l’impôt sur le revenu (IR), avec une imposition des loyers au titre des revenus fonciers. Néanmoins, l’exercice régulier de locations meublées la transforme en activité commerciale, la soumettant alors à l’impôt sur les sociétés (IS). Cette bascule automatique peut surprendre les associés, surtout si la SCI était initialement créée pour gérer des locations nues.
Quand une SCI bascule vers l’impôt sur les sociétés
Deux critères déclenchent l’imposition à l’IS :
- Une activité régulière de location meublée (plusieurs locations par an).
- Des recettes de location meublée représentant plus de 10 % du chiffre d’affaires total de la SCI.
Pour une location saisonnière annuelle, la première condition est remplie. Ainsi, une SCI dédiée à ce type de location est obligatoirement soumise à l’IS, avec un taux actuel de 25 %. Ce régime est moins avantageux que l’IR pour les petits revenus, car il supprime l’abattement de 30 % sur les plus-values immobilières et limite les déductions fiscales.
Stratégies pour optimiser sa fiscalité
Pour éviter l’IS, les propriétaires peuvent :
- Limiter les locations saisonnières à un caractère occasionnel (moins de deux à trois séjours par an).
- Dédier la SCI uniquement aux locations nues et créer une structure séparée (EURL ou SARL) pour la location meublée.
- Répartir les revenus entre locations nues et meublées pour rester sous le seuil des 10 %.
Ces solutions nécessitent une planification en amont, car l’administration fiscale vérifie désormais plus strictement les activités des SCI grâce aux données transmises par les plateformes de location.
Charges récupérables vs impôts locaux : ce que le locataire doit savoir
Les locataires en location saisonnière sont souvent confrontés à des factures détaillées incluant divers prélèvements. Il est fondamental de distinguer les charges légales récupérables de celles qui relèvent exclusivement du propriétaire.
La taxe d’enlèvement des ordures ménagères (TEOM)
La TEOM figure sur le même avis que la taxe foncière, mais peut être reportée sur le locataire via une clause spécifique du contrat. Son montant varie selon la commune (en moyenne 100 à 300 €/an) et se calcule en fonction de la surface du logement. Contrairement à la taxe foncière, ce mécanisme est autorisé, car la TEOM est liée à l’occupation effective du bien.
Les propriétaires doivent :
- Mentionner clairement ce prélèvement dans le contrat.
- Fournir une attestation de paiement à la fin du séjour.
- Ne pas majorer le montant réel de la TEOM.
Pourquoi la taxe foncière reste à la charge du propriétaire.
La loi interdit formellement de transférer la taxe foncière aux locataires, quelle que soit la durée ou le type de bail. Cette règle s’explique par la nature même de l’impôt : il est dû en raison de la propriété, non de l’occupation. Le propriétaire en bénéficie indirectement via la valeur de son bien, indépendamment de sa mise en location.
Les tentatives de contourner cette interdiction (via des « frais de gestion » ou des majorations de loyer) sont régulièrement sanctionnées par les tribunaux.
En 2023, plusieurs décisions ont rappelé qu’un propriétaire qui facture la taxe foncière à ses locataires s’expose non seulement à un remboursement intégral, mais aussi à des pénalités financières.
En résumé, pour le locataire, seules certaines charges comme la TEOM peuvent être légalement refacturées, tandis que la taxe foncière reste exclusivement du ressort du propriétaire. Pour le bailleur, la transparence et la conformité avec la loi ne sont pas seulement des obligations, mais aussi une garantie de confiance et de sérénité dans la gestion locative.
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